Sunday, November 19, 2006

Obstacles au développement (ma version).

Dans la série de notes de mon ami Tarek, on a eu à discuter plusieurs obstacles qui selon lui sont les plus importants à franchir pour accomplir le développement du pays.

Tout le monde ne voit pas les choses de la même manière. Je vais essayer dans cette note de décrire les vrais obstacles au développement comme je les vois moi même. Notre expérience et vécu font qui on est, et comment on perçoit les choses. On commence avec des préjugés et des notions acquises à travers notre éducation, milieu et culture. Puis le processus cognitif fait qu’on corrige les notions qui sont prouvées fausses et confirment celles qui sont prouvées juste.

Pendant 18 ans (8 en France, 10 aux USA), j’ai travaillé avec des personnes de toutes nationalités que ce soit en France, aux US ou dans les dizaines de pays que j’ai visité pour des raisons professionnelles. La Tunisie, je la visite une a 2 fois par an et elle est toujours dans mon cœur et je me suis toujours considéré un de ces citoyens et fils mais je n’y ai jamais travaillé, non pas par choix, mais par un concours de circonstance très long a expliquer ici.

Personnellement les obstacles pour moi sont la mentalité du tunisien et le système politique qui l’exclut de tout débat, et peut être que le premier est le résultat du deuxième.

Les lois qui nous ont été imposées et on été comiquement débattues par les représentants du peuple (parlement) qui le moins qu’on puisse dire sont loin de le représenter. Je ne veux pas m’attarder sur ce sujet car je suppose qu’on est tous assez intelligent ici. Le Tunisien subit et ne participe jamais dans les débats de sociétés inexistants qui doivent être une des sources de notre législation. Les parlementaires sont issus d’un seul parti (omis une vingtaine) et le débat au sein de ce parti est limité a un groupe très réduit et donc même les adhérents de ce parti subissent et ne débattent pas. Avant le changement l’UGTT était une force politique jouant le rôle d’opposition et avait une base populaire assez importante ou les travailleurs pouvaient essayer de changer et influencer les lois. Après les émeutes de 1984, même l’UGTT est devenu un satellite du parti au pouvoir créant un vide. Le mouvement estudiantin qui était le cœur battant de la société civile est lui aussi quasi inexistant.

Le Tunisien n’a pas de contrôle sur sa vie, la société civile est à l’image du gouvernement. Bref le législateur n’est pas l’écoute du peuple, le judiciaire n’est pas indépendant et souffre d’interventionnisme et l’exécutif n’est pas au service du peuple, ils ont d’autres chats à fouetter. Essayer d’appeler les flics pour leur signaler une activité illégale !! Bref comment apprendre à respecter les lois, si ceux qui doivent le faire respecter ne le font pas. Je me rappelle, j’avais 18 ans, voyageant avec mon frère en Allemagne. J’étais devant l’auberge ou on est descendu, attendant qu’il me rejoigne, j’étais assis sur le capot d’une voiture, chose qui m’était tout à fait naturelle. Même pas 5mn et 2 voitures de flics étaient la, ils m’on fait expliquer que la voiture était une propriété privée et s’assoir dessus sans l’autorisation du propriétaire était interdit !!!! Eh ben je ne me suis jamais assis sur une voiture depuis.

Le manque de contrôle sur sa vie et le vide civique crée un sentiment d’injustice et de non appartenance qui va engendrer un comportement et une mentalité décrite dans les quelques exemples suivants qui sont les vrais obstacles au développement.

Le respect des lois et le respect tout cours :On ne paie pas les impôts que si c’est retenu a la source, on fait tout pour détourner les lois et le système, la justice ne s’applique pas de la même manière a tout le monde, les formalités de n’importe quel démarche est inconnu, le processus n’est pas le même pour tout le monde, pas de prédictibilité du tout dans le fonctionnement de ce système. Bref le Tunisien est le champion du système D, des qualités qu’on acquiert que si on a vécu pendant longtemps dans le système et ceci élimine des gens comme moi.

On voit tous des automobilistes garer leur voiture en double file en plein avenue de Paris, conduire leur voiture en état d’ébriété totale, conduite agressive et parfois criminelle, ne pas respecter une simple file d’attente ou un feu rouge.. Bref on se fait ses propres lois et on ne pense qu’a soi. Je ne sais pas si c’est de l’égoïsme, impatience, un sentiment d’injustice qui nous pousse à ne penser qu’à soi et après moi le déluge. On n’a jamais appris comment une société civile moderne et libre fonctionne, chacun fait ses propres lois. N’empêche que ce manque de respect de la loi, est partout, pauvres ou riches, éduqués ou non, et devient normal au point qu’on ne se rend pas compte qu’on le fait. Récemment, sur un des blogs tunisiens l’auteur invitait ces lecteurs à cliquer sur les ads de Google pour collecter l’argent pour une bonne cause. Je suis sûr de leurs bonnes intentions et qu’ils ignorent que c’est illégal, preuve que ce genre de comportement est devenu normal, alors que pour quelqu’un vivant a l’étranger, cela saute aux yeux qu’il ne l’est pas.

Ce comportement transposé au monde professionnel est néfaste puisqu’il n ya plus de règles de jeu, ajoutant le fait que pour faire une démarche quelconque on se croit obligé d’avoir besoin d’une intervention, poussant les entrepreneurs à tisser un réseau de connaissances rien que pour se protéger et pouvoir faire du business. En ne respectant pas les lois, on ne se respecte plus et on crée un système de lois parallèles basées sur des pratiques mafieuses qui découragent l’entrepreneuriat. Il est évident que de telles pratiques existent dans tout les pays mais ca reste une exception pour eux, alors que c’est la règle ici et le nier ne résoudra pas le problème

Partout dans le monde, les employés des administrations du service public sont moins efficaces que les employés du secteur privé, chez nous en plus de cela ils se sont mis d’accord à être tous impolis, agressifs et méprisant. Ceci s’explique par le peu de pouvoir qu’ils ont sur nous pour mettre un tampon sur un papier ou nous donner une autorisation ou information quelconque. Encore ce sentiment du soumis qui veut se convaincre qu’il est important. Ajoutons à cela l’insatisfaction de ces employés et le combat qu’ils doivent mener pour survivre et la frustration d’un travail qu’ils sont obligés de faire, faute de trouver mieux. Les employés ne sont pas épanouis, ils sont maltraités par leurs managers et ils maltraitent les citoyens ou clients. Le service privé est un peu mieux, mais la aussi on trouve des gens casés avec un salaire et des avantages non négligeables comme dans les banques et les assurances, mais qui ne foutent rien a part attendre l’heure de rentrer chez eux, aucune ambition, aucun épanouissement, est ce la faute de leurs managers ou de l’organisation ? Je n’en sais rien.

A part quelques exceptions, les sociétés tunisiennes ne se soucient guère de leur réputation, qu’il y ait des clients insatisfaits ou frustrés ne les empêche pas de dormir. On dirait qu’ils rendent service au client en acceptant de lui vendre leurs produits. S’il ya un problème quelconque c’est le client qui doit subir SAUF s’il fait intervenir quelqu’un qui puisse le lui régler. Je n’arrive pas à comprendre comment ils peuvent réussir avec une telle mentalité. On la trouve dans les grandes entreprises comme chez les commerçants ou les professions libérales, un produit défaillant est la responsabilité du client, on le rend pas, on ne l’échange pas. Si tu donnes une avance à un artisan avant qu’il commence son travail, il risque de ne pas venir sans se soucier une minute de sa réputation ! Cette mentalité est un obstacle au développement, car une entreprise pour réussir a besoin de beaucoup de services et doit faire confiance a un réseau de sociétés ou individuels avec qui on peut faire des affaires en toute confiance.

La vision courte des entrepreneurs : Tous les projets qui se font sont à la recherche d’un profit dans un temps record. J’ai même entendu parler des cas qui montent des dossiers pour le financement d’un projet d’Hôtel, prennent un crédit, construisent l’hôtel tout en détournant une part pour se construire une maison et acheter une belle voiture. Apres quelque mois, on arrête de payer ses traites mensuelles et on déclare à la banque que l’hôtel est en difficulté profitant de l’aide du gouvernement dans ce secteur. C’est vraiment des pratiques mafieuses.

Les plus honnêtes cherchent à s’enrichir au détriment de leur réputation en offrant un service ou produit lamentable. Peu sont qui pensent a long terme et acceptent le fait qu’on doit investir du temps et de l’argent dans un projet et exécuter un plan bien étudié avant qu’il commence a porter ces fruits. Je me rappelle dans la première startup qu’on a faite, on a accepté des projets de 3 a 6 mois qu’on a fait gratuitement, oui contre $0. Quand on est petit et inconnu, on n’a pas de références, et le seul moyen d’en faire c’est en perdant de l’argent dessus, mais en gagnant la référence du client, assumant qu’on est capable de faire un travail de haute qualité. Voila encore une mentalité qui nous manque.

Le manque de confiance : Les pratiques évoquées ci-dessus vont automatiquement engendrer un manque de confiance qui va peser lourd dans le monde des affaires et ne va pas encourager celles-ci, créant un autre obstacle au développement.
Je ne vais pas m’attarder sur la corruption, les pratiques mafieuses de quelques familles ou autres. Je veux tout juste préciser que même si ce genre de pratique existe partout dans le monde, ce n’est pas a la même échelle que dans notre pays et que c’est pas acceptable que ce soit chez nous ou ailleurs. On peut toujours s’adapter a ce système sans essayer de changer les mentalités mais il ne faut pas s’attendre a des miracles.

Enfin Il faut aussi avouer que par rapport a d’autres pays on est bien loti, et qu’on a tout les moyens de réussir si on peut se débarrasser de cette mentalité, la preuve est que les Tunisiens qui vivent à l’étranger s’en débarrassent facilement e réussissent aussi bien que les natifs. Notre éducation est compétitive, ils ne sont pas plus intelligents que nous et on n’est pas aussi mauvais qu’on paraisse l’être. C’est un système et surtout une mentalité qu’il faut s’en débarrasser.

Pour des professionnels comme moi non accoutumé à de tels systèmes, je trouve que c’est presque impossible de faire du business dans ce contexte. Pour y réussir il faut des qualités et une mentalité que je n’ai pas et que beaucoup d’immigrant ayant vécu longtemps loin de la patrie n’ont pas aussi. Cette décision émane de mon expérience et ce genre de décision ne peut pas se prendre en se fiant à l’expérience de quelqu’un d’autre. Je ne cherche pas une justification et je suis prêt a tout pour voir cette mentalité disparaitre mais pour le moment, je ne peux pas tout juste l’ignorer, ce serait un manque flagrant de professionnalisme ! N’oublions pas que la mission d’un entrepreneur est de maximiser ses chances de succès tout en minimisant ses risques d’échec !

28 comments:

Slaim said...

T'as parfaitement disseque le corps malade amigo! Kudos!

Anonymous said...

la Tunisie a besoin des gens qui reviennet et qui essayent vraiment de combattre les maladies que tu viens de raconter. si tout le monde croise les bras et attend le changement pour s'en profiter qui va faire le changement?
tous les Tunisiens savent bien parler et analyser mais ca s'arrete toujours la.

3617MyLif€ said...

Il y a beaucoup de justesse dans tes propos qui sont le fruit d'une longue experience et d'une reflexion aboutie... c'est tout a ton honneur et je te felicite grandement pour la qualite de ce post.
Mais la question pour moi est de connaitre les causes de cette mentalite? Pourquoi a t on evolue dans cette voie la?
Connaitre ces causes la permettrait de soigner le mal a la racine.
Pour l'instant j'en vois qu'une seule de cause... un systeme gangrene par la corruption et tres opaque... la societe s'est ensuite construite a l'image de ce systeme.
Par rapport au dernier commentaire, les gens ne bougent que s'ils sentent que leurs vies sont vraiment en danger, quand ils meurrent de faim. La oui il y aura revolution, mais il faut voir les choses en face, aujourd'hui la plupart des gens trouvent leur compte dans ce systeme et en ont fait un mode de vie : maitre mot adaptation. Sauf que de plus en plus de gens vivent aussi dans l'exclusion et la pauvrete, pas assez pour que ca eclate neanmoins... peut etre qu'avec le prochain demantelement des barrieres douanieres avec l'Europe on aura droit a une crise generalisee qui boulversera cet equilibre instable actuel.

aymen said...

Totalement d'accord avec ton analyse,mais j'aurai préférer que tu ajoutes quelques porpositions de solutions directes (ie pas indirectement comprise aux travers des lignes de ce post ),bref mech nahkiou wbarra 3la les problémes,car en général ils sont connu par tous.

merrou said...

@Samsoum,

Je tenais à te féliciter et te remercier pour la qualité de ton post. Je partage pratiquement tout ce que tu as écrit. Je ne te cache pas le fait que j'ai eu les larmes aux yeux en lisant quelques passages de ton post. Ce qui me touche le plus, c'est que je veux de tout coeur participer effectivement au développement de mon pays mais je me sens incapable de le faire. La raison est que je crois profondément que dans le cas de la Tunisie, le changement des mentalités ne peut provenir que d'une décision politique faite au plus haut sommet de l'état. Reste à savoir que je n'ai malheureusement aucune confiance en nos dirigeants. Des fois, je me dis que c'est dans leurs propres intérets que les mentalités soient ainsi ;-(

islam_ayeh said...

ya3tik essa7a!
vraiment chapeau!
On dirait que tu vis notre quotidien tunisien!!

Je voulais ajouter que la qualité de l'enseignement tunisien ne cesse de se dégrader.. Malheureusement, dans qques années il y a un risque réel que nous ne serions plus compétitifs!
Il suffit de voir le niveau de nos étudiants en langue ou en capacité de communication.. Pour la technique on arrive tjs à se débrouiller mais de nos jours sans maîtrise de l'anglais (ou au moins du français) nous sommes des sourds muets!

Des solutions ?

MetallicNaddou said...

@samsoum: étant donné que tu as passé toute ta vie professionnelle à l'étranger, on pourrait s'attendre à un décalage dans l'analyse, mais pas du tout. tu as vraiment fait un résumé de la situation, excellent post, je n'ai rien à rajouter.

je rejoins également l'avis de 3617 concernant la cause de cette mentalité: le système, et aussi le fait que le peuple tunisien en majorité trouve son compte dans ce mode de vie peu ambitieux et très égoiste qui consiste à se "débrouiller" pour tirer son épingle du jeu et laisser les initiatives très loin derrière.

en tout cas merci pour ce post

A.L.G.Y said...

Ma voix vient s'ajouter à toutes celles qui te félicite pour ce post qui brosse un tableau véritable de la triste situation qui entrave le développement de la Tunisie.

Je crois que beaucoup de Tunisiens, y compris et surtout ceux qui vivent en TUnisie, sont parfaitement conscients de tout ce qui se passe et même de leurs propres comportements. Mais l'abattement et la résignation dominent; c'est comme une grande vague contre laquelle on se sent individuellement impuissant. La seule solution serait de commencer par un grand coup de balai au sommet de la pyramide...pour secouer ce " maudit" système et que souffle un vent nouveau.

Malheureusement, quand on regarde à court et moyen terme, on se laisse aussi gagner par ce pessimisme.

zarathoushtra said...

analyse très objective et réaliste ... et nettement loin du dialogue de sourd et de la langue de bois que notre ami tarek

samsoum said...

Pour ceux qui n'ont pas déduit la solution à travers mon post, je leur demande de le relire car la solution semble evidente et en parler peut etre dangereux pour ce blog :-)

Tarek said...

J'ai bien aimé ton poste Samsoum. Mais je ne suis pas tout à fait d'accord pour dire sur la question de la mentalité.

La mentalité va bien en Tunisie, elle n'est ni mieux ni pire qu'ailleurs. Il y a de tout dans notre pays: la richesse, la pauvreté, la corruption, l'intégrité, le favoritisme, la loi, ta5dim el mo5, tout! comme partout ailleurs.

Ce qui va mal par contre c'est le mental, à ne pas confondre avec mentalité. Nous sommes un peuple de lamentateurs (si ce mot n'existe pas, je vais me gêner pour l'inventer). En effet, si tu remarques, à chaque fois qu'on évoque le développement de Tunisie ont peut systématiquement s'attendre à des réactions du genre: "tout va mal, on va droit dans le mur". Moi je crois que présenter la situation en tant que telle nourrit la dépression et empêche les gens d’y voir clair (c’est pour ça que j’aime discuter des problèmes un par un et non en bloc). Car en fin de compte, si on se dit que tout le système est mauvais men rassou el séssou tout le monde finit par se dire: allez, puisque c’est comme ça, je me casse, a5ta rassi wadhreb! Et c’est en effet ce qui se passe en ce moment.

Je pense que les gens de ce pays ont toujours eu le moyen de faire changer les choses mais qu’ils n’ont jamais rien fait pour la simple raison qu’ils sont moins patriotes que leurs parents, et j’assume parfaitement ce que je dis. Une génération qui n’a pas lutté pour l’indépendance, qui n'a pas connu la construction bourguibiste, la faillite, le renouveau, la faillite encore, une jeunesse qui ne parle plus tunisien, une jeunesse qui veut s’enrichir sans travailler, une jeunesse qui veut avoir coûte que coûte un second passeport, ne peut pas ressentir beaucoup de choses pour ce pays. Au mieux elle va aimer la bouffe, le soleil, la plage, la famille, les amis, un match de foot a l’occasion, mais elle délègue les décisions importantes ayant trait à l’avenir de la nation aux dirigeants. Très peu de gens parmi cette génération là prennent la peine de réfléchir aux moyens de se développer, de préserver notre identité et notre culture, et de limiter les dégâts causés par les mauvais choix des pouvoirs publics. C’est pour ça que dès que ça ne marche pas on se plaint de la gouvernance mais on ne voit pas le problème en ‘nous’, les citoyens ordinaires.

Voilà ce qui ne va pas en Tunisie. Et tant que la jeunesse (soit la majorité de la population) n’a pas pris conscience de ses défauts on n’avancera jamais.

merrou said...

@Tarek

"Je pense que les gens de ce pays ont toujours eu le moyen de faire changer les choses mais qu’ils n’ont jamais rien fait pour la simple raison qu’ils sont moins patriotes que leurs parents, et j’assume parfaitement ce que je dis."

C'est bien d'assumer tes propres conneries!

merrou said...

@Tarek

Après réflexion, je vais essayer de suivre la logique de ton raisonnement. Assumons que les jeunes d'aujourd'hui sont moins patriotes que leurs parents. Est-ce que tu peux expliquer ce phénomène? J'espère du moins que ce n'est pas génétique!

Ce qui sur, c'est que si un jour tu décides de prendre un peu de recul par rapport à tes idées arretées, tu arriveras à l'affirmation de samsoum: "Le Tunisien n’a pas de contrôle sur sa vie, la société civile est à l’image du gouvernement."

arab said...

"En ne respectant pas les lois, on ne se respecte plus et on crée un système de lois parallèles basées sur des pratiques mafieuses qui découragent l’entrepreneuriat."

Des pratiques qui découragent l'entreprenariat ? Tu rigoles j'espère ?
J'ai dis qu'il y avait des gens qui seraient prêts à descendre dans la rue pour défendre cet état parralèle ,c'est leur gagne pain . Tout le monde leur fait la cour et tu dis que ça décourages l'entrepreunariat . Les seuls qui sont lèsés, c'est ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter leurs services ou qui n'ont aucun service à leur demander . Vue l'éventail de leurs activités, je ne vois que les très pauvres qui ne font pas appel même de manière indirecte à ces gens là .

La situation est bien pire que le tableau que tu as brossé, ceci dit faut-il pour autant, en sachant que cela ne va pas durer, rester les bras croisé sans se préparer et sans préparer son pays pour la suite . Faudras bien le relever .

samsoum said...

@Tarek: On ne peut pas demander nos jeunes à travailler dur à limiter les dégâts causés par les mauvais choix du pouvoir public ou a trouver des solutions tout en maintenant le système.

A mon avis, les sociétés qui sont passées par des problèmes semblables aux nôtres, ont eu a sortir dans la rue , Mai 68 en France, 1989 pour les pays de l'est..Etc. Les premiers a sortir étant toujours les jeunes étudiants.

J'espère de tout mon cœur qu'on en arrive pas la, et que l'ouverture vient du pouvoir. Le parti aujourd'hui au pouvoir a de beaux jours devant lui même après une ouverture réelle et en permettant un débat transparent de toute la société civile. Qu'il se contente de 50% ou 60% de sièges qu'il aura légalement et qu'il apprenne a partager, a écouter et ouvrer pour le bien être de tout les tunisiens. Le reste suivra de lui-même.

arab said...

"La vision courte des entrepreneurs : Tous les projets qui se font sont à la recherche d’un profit dans un temps record. J’ai même entendu parler des cas qui montent des dossiers pour le financement d’un projet d’Hôtel, prennent un crédit, construisent l’hôtel tout en détournant une part pour se construire une maison et acheter une belle voiture."

Ca c'est vieux et ça a toujours existé et il y avait aussi la part qui revient au directeur de la banque, je crois que c'était 10% du prêt .
Maintenant, il y a l'ecroquerie à l'assurance qui est devenue une mode .

zizou from Djerba said...

Bravo Samsoum !!!
Je pense quand meme que si on veut changer les choses on peut le faire!
Il ne faut pas attendre un changement de regime ou plus de democratie pour changer un tant soit peu ce qu'il y a en nous !
Si chacun commence a voir les choses autrement, si chacun s'engage un peu plus qu'il ne l'a fait avant.. je suis sur que les choses ne peuvent que s'ameliorer !!

arab said...

"Le manque de confiance : Les pratiques évoquées ci-dessus vont automatiquement engendrer un manque de confiance qui va peser lourd dans le monde des affaires et ne va pas encourager celles-ci, créant un autre obstacle au développement."

Le problème, c'est que le monde des affaires était lui-même déjà malsain, il a tout simplement trouvé un prédateur à sa mesure .
Combien se sont fait avoir dans ce milieux des affaires avant même que ne sévissent les nouveaux prédateurs ?
Je crains que même une fois débarrassé de ces familles , le problème reste entier, il faudra énormémment d'effort pour remettre la machine en route dans de bonnes conditions et surtout pour inculquer des valeurs qu'actuellement, nous n'avons pas du plus petit au plus grand .

Pour y arriver à changer certaines mentalité, est ce qu'il faudra appliquer une discipline de fer dans un pays qui as déjà souffert ?

samsoum said...

@Zizou: bien sur qu'on peut changer au niveau personnel beaucoup de choses. Les parents peuvent élever leurs enfants a respecter les autres et a condamner les comportements décrites ici. Les employés peuvent faire leur travail correctement car ils sont payes pour cela. Les citoyens peuvent faire un peu plus d’effort pour respecter les lois. Mais il faut un peu de motivation quand même.
Mais un entrepreneur, il dépend de ses employés, des prestataires de service, de ses clients... Qu'est ce qu'il doit faire pour réussir sans rentrer dans le système? Je ne sais pas!!

arab said...

"chez nous en plus de cela ils se sont mis d’accord à être tous impolis, agressifs et méprisant. Ceci s’explique par le peu de pouvoir qu’ils ont sur nous pour mettre un tampon sur un papier ou nous donner une autorisation ou information quelconque."

Je suis d'accord avec toi, mais il faut voir les choses des deux côtés . Le client est roi, mais t'as une catégorie de clients qui te font perdrent la raison . Faut l'avoir vu ou vécu pour le croire tellement c'est aberrant . Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir reçu et servis une tête de mule, qui les rends ainsi, mais j'ai déjà eu affaire des têtes de mulles dans des autres domaines, je sais ce que sait .
Il n'y a que ce qui est dans leur têtes qui est juste, tu peux prendre un mètre et mesurer devant eux, ils te dirons non, c'est pas comme ça qu'il faut mesurer .
Dans ta clientèle ou parmis les particuliers que tu dois servir, tu as une proportion de tête de mulle, une proportion d'égoïstes, une proportion de malin et une infime proportion de gens honnête, intègres et patients qui t'encourages à continuer .

samsoum said...

@arab:"Pour y arriver à changer certaines mentalité, est ce qu'il faudra appliquer une discipline de fer dans un pays qui as déjà souffert ?"
Oui, il faut appliquer la loi!!
En Californie, jeter un papier sur l'autoroute c'est $1000 d'amende. Conduire en état d'ivresse est un délit, 6 mois de suspension automatique du permis et passage devant un juge (élu par le peuple) et ici dans des endroits ou il n ya pas de transport public, être sans permis veut dire parfois chômage automatique car il faut conduire au travail. C'est la loi du peuple!
La corruption, le non paiement d'impôt, l’escroquerie sont des crimes fédéraux, pouvant aller jusqu’à plus de 25 ans de prison fédérale.
Dans un pays comme la France ou les US, tu n’as pas intérêt à avoir le fisc sur ton dos, personne ne pourra t'aider!

arab said...

" peut etre qu'avec le prochain demantelement des barrieres douanieres avec l'Europe on aura droit a une crise generalisee qui boulversera cet equilibre instable actuel."

Le problème, c'est qu'il ne sera peut-être plus là pour assumer .
Je doute que notre économie soit préparée pour y faire face . Notre industrie même modernisée ne tiendra pas le choc, il nous faudrait 10 ans de plus . Je ne sais pas si on sera prêt à consommer tunisien en comparant la qualité de nos produits avec ceux d'europe . Vu qu'on as pas l'esprit civique, je ne pense pas qu'on auras l'esprit patriotique .

arab said...

"Dans un pays comme la France ou les US, tu n’as pas intérêt à avoir le fisc sur ton dos, personne ne pourra t'aider!"

Absolumment d'accord avec toit et j'en sais quelque chose. T'as intérêt d'être à jour dans tes décalrations, le moindre retard est sanctionné et s'il est répété peut t'attirer un contrôle et là c'est la descente en enfer .

Je suis d'accord aussi pour appliquer une discipline de fer ce qui ne signifie pas bien entendu enfer pour le citoyen .

Mais est ce que le tunisien qui vit dans le pays sera capable de faire la différence dans les traitements et comprendre ou est son intérêt lui qui est déjà habitué à subir ?
C'est pas sûr .

arab said...

"Les commerçants, eux aussi, ont fait preuve de peu de professionnalisme. L’exemple des faillites des distributeurs de l’électroménager BATAM et Electrokallel et les dégâts collatéraux qu’ils ont occasionnés aux banques (créances douteuses) est désormais tristement célèbre et se passe donc de commentaire.

Les hôteliers aussi, bien que forts d’une expertise de plus de quarante ans, sont aujourd’hui excessivement endettés et en partie responsables, eux aussi des créances improductives dans lesquelles se débattent les banques. Ils ont eu la tendance fâcheuse à brader les prix et à confondre promotion touristique et promotion immobilière. L’hôtelier tunisien se comporte comme s’il était un simple propriétaire d’un hôtel -immeuble à remplir et non comme un promoteur d’un produit et d’un service touristique à vendre au meilleur rapport qualité/prix.

Et pour ne rien oublier, les exportateurs peu scrupuleux qui, par mauvaise foi et poussés par la cupidité, ont fait perdre à la Tunisie de précieux marchés de proximité, en Algérie et en Libye. Ces exportateurs, courant comme toujours derrière les gains rapides et faciles, ont inondé ces marchés soit de produits non conformes aux normes soit de produits non suivis de services après-vente. Ou pire, de produits frelatés. Ainsi, des réfrigérateurs ont été exportés sur la Libye sans être accompagnés du moindre service après-vente ou encore ces jeans d’origine sud-est asiatique écoulés en Algérie avec une labellisation tunisienne.

Est-il besoin de rappeler ici que le «non- Maghreb», qui est, entre autres, le résultat naturel de ces agissements pour le moins irresponsables, coûte, aujourd’hui, à la Tunisie (pays maghrébin qui a le plus besoin de ce marché) moins 2% de croissance, soit l’équivalent d’un manque à gagner de 20.000 emplois par an !

Est-ce nécessaire de rappeler, également, que la non disponibilité d’un tel marché a condamné la Tunisie à un face à face commercial terrible et fort onéreux avec les pays de l’Union européenne et l’a empêché de bénéficier des gains et avantages générés par la coopération horizontale.

Cette insuffisance de l’apport des privés tunisiens est signalée, également, par la Banque mondiale qui se préoccupe de la faiblesse de leur part dans le volume global de l’investissement. Aux yeux de M. Theodore Ahler, Directeur du département Maghreb, à la Banque mondiale, la part de l'investissement privé dans l’enveloppe globale de l’investissement, n’a été que de 13 et 14%. Or, si la Tunisie projette d’atteindre, durant les prochaines années, conformément au tableau de bord de l’économie tunisienne, le programme ‘’Pour la Tunisie de demain’’, des taux de croissance de plus de 6%, il est impératif d’augmenter la part de l'investissement privé à 20 voire 25% du total, un taux du reste en vigueur dans des pays concurrents de la Tunisie."

Source babnet du 19/11/06

Napo said...

Samsoum, typical Tunisian living in north america who wants to integrate the country but fails, and puts the blame on TN society.

It is true, that Tunisia has tons of shortcomings, in terms of business practises, law enforcement, services et j'en passe..But do not forget we are tunisians too, we play by their rules, we know the system from the inside and we can also make things work in our favor...painfully sometimes.

Sitting on the fence and waiting for a magic overnight change in mentality or institutions is a passive attitude.

Let us keep things into perspective too, north american practises are not kosher either. Sometimes, you get benefits when you bend the law.

samsoum said...

@Napo:I never said that I tried anything yet.

I did not try to integrate yet, so I don't know if I will fail or not :-), and since there is no failure, my post cannot be considered as blame!

I just don't like the rules of the game since "I feel" that the odds are against me and prefer to change the rules or see them changed. I wont call what is going on as just bending the rules.

If I try and follow your advice and play by their rules, I will not sleep confortably at night. I'd prefer to be clean.

I don't have to tell you this, but I am as patriotic as any of you or even more and I am not passive, I am helping in other areas where I know I can be more effective.

Napo said...

Yo Samsoum, my comment was not directed at you. It may gave such impression, not my intent wallah !!!

I just see things differently, but in essence i do agree with you, it's just that i don't believe TN society or system will change anytime soon, at least not in my time and to make it wosrse, i'd state that older times were better, in terms of integrity and honestly amoing people..

BUT, that won't preclude me from doing business in TN,...The Tunisian way,...and i dont care about sleeping at night or not, as long as the fundamentals are there...now talking about fundamentals (aka principles) is like opening pandora's box :-))))) you see what i mean ya wild el borj :)

samsoum said...

no offense taken ex wild 7oumti. It is just a personal choice and I hear you :-)))